On l’avait quitté dans son jus, un peu poussiéreux, un peu vermoulu et franchement  démodé, après des seventies et des eighties triomphantes. On le retrouve aujourd’hui complètement métamorphosé. Qu’il soit traditionnel, intissé, vinyle ou expansé, qu’il s’agisse de papier à peindre ou de toile de verre, le papier peint s’est imposé ces dernières  années comme un incontournable de la maison. Pratique et tendance, la tapisserie nouvelle génération s’adapte à toutes les pièces et magnifie tous les intérieurs. 

Le papier peint, c’est un peu comme Benjamin Button, le bon vin ou les dents de Didier  Deschamps : il se bonifie avec le temps. Terminées les tapisseries tristounes de mamie Germaine,  terminées aussi les papiers peints aux formes complètement psychédéliques, le papier peint a  changé, ce qui lui vaut un véritable retour en grâce. Un come back accéléré par la pandémie de  COVID-19. Il faut dire qu’avec les confinements successifs, nombreux sont ceux qui ont sauté le  pas pour s’offrir un peu de légèreté à domicile

Qui es-tu le papier peint ? 

Plutôt devrait-on parler de papiers peints, au pluriel. Et pour cause, la tapisserie a de la ressource  et se décline en différents modèles, chacun avec ses petites spécificités : 

Le papier peint traditionnel

Le papier peint traditionnel, également connu sous le nom de simplex (rien à voir avec les sept  nains), se compose d’une épaisseur unique de papier imprimé. Il existe aussi en duplex. Dans ce  cas, le papier imprimé est doublé d’une feuille support pour plus de solidité et d’opacité. Si le  papier peint traditionnel est le plus accessible financièrement, il se montre aussi particulièrement  fragile et allergique aux chocs, aux tâches et à l’eau. Et oui, on a rien sans rien. 

Le papier peint vinyle 

La tapisserie vinyle consiste en une couche de papier recouverte de plastique : le PVC  (polyvinylchloride pour les intimes). Objectif : renforcer sa résistance. Il est imperméable et peut se  nettoyer à l’aide d’une éponge humide. Forcément, il est un peu plus cher que le simplex et le  duplex. 

Le papier peint expansé 

Lui aussi est développé à partir de PVC. Et lui aussi se montre épais et résistant. Sa touche en  plus ? De la matière, tels que du relief ou du gaufré. 

Le papier peint intissé 

Avec le papier peint intissé, on franchit encore un cap en termes de résistance. On a clairement  affaire au Jean Moulin du papier peint. Il s’agit en fait de fibres de cellulose ou de fibres textiles  assemblées sur un support papier et recouvertes d’une couche de vinyle. Plus épais que ses petits  copains, il est plus pratique à poser et masque efficacement les défauts du mur qu’il recouvre.  Niveau budget, il faut compter en moyenne 20% de plus que pour tous les autres papiers peints.  Bon à savoir, l’intissé existe aussi en version « prêt à peindre ». 

Le papier à peindre 

Le papier à peindre justement, est pleinement adapté aux murs marqués par de nombreuses  irrégularités, comme des fissures ou des trous. Très couvrant, très épais et très résistant (encore  plus que le vinyle, oui c’est possible), il donne un second souffle aux murs dégradés. Il existe avec  ou sans relief. Une fois posé, il n’y a plus qu’à le peindre avec la couleur de son choix.  

Nouveaux looks pour une nouvelle vie 

Côté style, le choix est vaste. Et ça tombe bien, la vie est bien trop courte pour la passer entre des  murs blancs ! Comme dans un mariage, on fait juste attention à ne pas opter pour un papier peint  dont on risque de se lasser… 

papier peint chambre

Les papiers peints panoramiques 

Les papiers peints panoramiques ont le vent en poupe. Qu’il s’agisse de paysages méditerranéens  ou encore de fjords glacés, tous répondent à un besoin d’évasion devenu de plus en plus prégnant  avec les confinements successifs.

– Les papiers peints « nature » 

Encore une conséquence directe des huis clos imposés ces derniers mois. Les papiers peints  représentant des végétations tropicales, avec des feuillages, des animaux exotiques ou encore  des couleurs vives s’arrachent comme des petits pains. 

Les papiers peints trompe-l’œil

C’est bien simple, le papier peint peut imiter tous les matériaux à la perfection. Brique, bois, pierre,  ciment, velours, cuir, le résultat est toujours bluffant. Si on veut une ambiance industrielle façon loft  new yorkais, on peut par exemple opter pour une tapisserie représentant des briques rouges. Si au  contraire on veut contrebalancer le style industriel de ses meubles, on peut miser sur une  tapisserie plus chaleureuse, telle qu’une imitation mur de pierres. 

 Les papiers peints art déco 

La mode est un éternel recommencement (sauf pour la tapisserie de mamie Germaine espérons le). L’art déco est de retour, près d’un siècle après les années folles. C’est l’occasion de profiter de  papiers peints proposant un savoureux mélange moderne et rétro à base d’ornements, d’effets  métallisés, de dorures, de palmes, de roses, d’arabesques ou encore de spirales. 

Les papiers peints minimalistes 

Qui dit atmosphère minimaliste dit forcément décoration scandinave. Au programme, des couleurs  douces et pastel, ainsi que des formes géométriques, tels que des triangles ou des losanges. Idéal  lorsqu’on dispose de meubles blancs ou en bois brut.

 Les papiers peints bleus et verts 

Si on préfère les papiers peints unis, alors le bleu et le vert sont des must. Ces couleurs  apaisantes et naturelles s’adaptent à merveille dans toutes les pièces de la maison. 

Comment choisir ses papiers peints ? 

Le plus important est de se faire plaisir, et d’oser ! On peut par exemple mixer les ambiances, les  couleurs, les motifs et les contrastes. Si malgré tout on a 

peur du fashion faux pas, voici un petit  guide de survie avec les fondamentaux à respecter :

papier peint chambre enfant

Adapter la matière du papier peint à chaque pièce 

Dans le salon et la salle à manger, lieux de vie par excellence, on mise sans hésiter sur la  résistance du papier peint intissé. À l’inverse, dans l’entrée, le couloir et les escaliers, un duplex  fait largement l’affaire.  

Dans les chambres, on opte pour du lessivable, en vinyle ou en intissé, notamment dans les  chambres des enfants (on est jamais à l’abri de traces de doigts, de marques de feutres ou  d’expériences artistiques un peu trop… avant-gardistes). 

Le papier peint lessivable, vinyle ou intissé, est également incontournable dans la cuisine, les  toilettes et la salle de bain pour se prémunir des petites tâches de graisse et d’humidité. Le cas  échéant, un coup d’éponge à base d’eau savonneuse suffit à redonner tout son éclat à la  tapisserie. Attention juste à ne pas frotter avec une brosse dure, au risque de dégrader le papier. 

Adapter les couleurs et les motifs à chaque pièce  

Pour les pièces moins lumineuses, telles que celles qui sont exposées nord, on mise sur des  couleurs chaudes, comme du jaune ou du orange. À l’inverse, au sud et à l’ouest, on peut se  permettre de choisir des couleurs plus froides, à l’image du bleu et du vert. À l’est, pour  accompagner le lever du jour, on opte plutôt pour des couleurs douces et naturelles comme des  nuances de gris pâle, d’écru ou de lin, qu’on associe à des tons chauds. On privilégie aussi ces  teintes claires, naturelles et apaisantes dans les chambres. Dans la cuisine en revanche, pourquoi  ne pas faire le choix d’une couleur plus tonique, à l’instar du rouge ? 

Côté motifs, on les réserve à des espaces de vie tels que la cuisine et le salon, et on évite les  formes géométriques trop hypnotiques dans les chambres, il s’agirait de pouvoir dormir quand  même ! Idem pour les trompe-l’oeil et les panoramas, ils trouvent toute leur place dans le salon. 

Doser les proportions 

Le dosage des proportions, c’est peut être là que mamie Germaine s’est fourvoyée ! Il faut dire  qu’elle n’y est pas allée de main morte, tapissant le moindre espace libre avec un papier peint du  plus mauvais effet. À la clé : une sensation d’étouffement qui pourrait même déclencher une crise  d’angoisse au Dalaï Lama !  

Au contraire, ne couvrir qu’un pan de mur ou un seul mur, histoire de rompre la monotonie, a tout  d’une bonne idée. Le papier peint peut par exemple délimiter l’espace repos, l’espace dressing ou  l’espace bureau dans une chambre, et l’espace bibliothèque dans un salon. Il peut aussi être  utilisé en tête de lit ou autour d’un grand miroir, ou encore sur des contremarches ou dans une  voûte. Dans les salles d’eau trop étroites, on peut tapisser les murs de couleurs différentes, pour  donner une impression de volume. 

Concernant les motifs, on privilégie les petits motifs dans une pièce de taille réduite, et les grands  motifs si on veut réduire visuellement une pièce trop vaste.

N’hésitez pas à jouer avec les motifs du papier peint choisi et quelques cadres ou autres décorations murales. Suivez le guide pour décorer ses murs !

Poser du papier peint, mode d’emploi

Commençons d’abord par évoquer les papiers peints adhésifs, repositionnables et magnétiques.  Oui, ces spécimens existent. Mais ils constituent une solution de facilité. Or, poser du papier peint  doit rester une prise de risque. Poser du papier peint, c’est d’abord accepter de vivre  dangereusement, c’est se sentir vivant ! Voici toutefois quelques conseils pour s’en sortir : 

pose papier peint

  1. Préparer les murs 

Autrement dit, les murs doivent être propres, secs, sains, lisses et uniformes. On les ponce au  papier de verre, avec un grain adapté au revêtement. Pour les murs peints, on pense aussi à les  lessiver avec une lessive spéciale, et à les rincer. Pour les murs neufs ou poreux, on applique une  sous couche pour plâtre ou du préencolleur 24h avant la pose de la tapisserie. 

  1. Tracer un repère pour la pose du premier lé 

Avec un fil à plomb, on trace un trait vertical, à plus ou moins 50 cm de l’angle du mur, d’une porte  ou d’une fenêtre. En général, on part sur 52 cm, ce qui correspond à la largeur standard d’un lé,  moins un centimètre. 

  1. Découper les lés 

On mesure la hauteur à tapisser et on ajoute 10 cm. On découpe ensuite aux ciseaux, au cutter ou  à la règle. 

  1. Encoller  

À chaque type de tapisserie sa façon d’encoller : 

. Papier peint traditionnel : on encolle au dos du papier peint, en l’étendant sur une table à tapisser.  Pas franchement pratique… 

. Papier peint intissé et papier à peindre : on encolle directement sur le mur. Très pratique ! 

. Papier peint vinyle : soit il s’agit d’un vinyle intissé, dans ce cas on encolle directement sur le mur.  Soit il s’agit d’un vinyle préencollé, et il n’y a rien besoin d’encoller. Encore plus pratique !! 

À noter que certains papiers peints vinyles, notamment les tapisseries expansées, nécessitent un  temps de trempage avant d’être posés au mur. 

  1. Poser 

Le but est proche ! On place le papier peint en s’aidant des repères tracés et en le faisant  dépasser, pour faciliter la découpe. Ensuite, on maroufle avec une brosse à tapisser de l’intérieur à  l’extérieur, pour éviter les bulles d’air. Pour enlever  les amas de colle, utilisez une éponge humide. Passez la roulette de tapissier en bordure des lés pour peaufiner le tout. Enfin, découpez les surplus de papier peint en haut et en bas.

Si vous n’êtes vraiment pas à l’aise avec cet exercice, vous pouvez toujours consulter nos 10 idées pour relooker son intérieur avec de la peinture.

Et enfin, admirez !

ManoMano
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