Au-delà de cultiver des plantes, le jardinier permacole cultive un sol. Un sol vivant, riche et généreux qui fourmille de biodiversité. C’est le secret d’un récolte abondante et nutritive. Le secret pour finir par prononcer les mots «ça pousse tout seul» ! Découvrez nos 10 astuces pour un sol fertile toute l’année.

L’exemple des forêts

Parmi les sols naturellement fertiles et auto-suffisants que nous pouvons trouver, se trouvent les sols forestiers que l’on appelle aussi «humus», dont la qualité est notamment issue de la longue dégradation des feuilles d’arbres, des branchages, des mousses et de toute matière organique et animale présente dans la forêt.

Nous avons beaucoup à apprendre du fonctionnement naturel des forêts. D’ailleurs, la plupart des conseils que nous vous donnerons dans cet article en seront directement inspirés. La permaculture se nourrit en permanence de ce que la nature a fait de meilleur pour designer des projets efficaces et économes en énergies (humaine, eau, électricité, etc…). 

racines de plante verte aggradée pour assurer le sol fertile

Par où commencer pour avoir un sol fertile ?

Pour commencer, considérez votre sol comme un être vivant à part entière, qui a, comme nous, des besoins élémentaires !

  • Boire (de l’eau)
  • Manger (de la matière végétale)
  • Respirer (de l’oxygène)

Comment assurer ces besoins au sol ?

La plupart de ces besoins sont assurés naturellement par les sols et la nature. Notre rôle ? Ne pas la déranger ! La permaculture nous invite donc parfois à en faire «moins», car la nature s’auto-nourrie et se régule depuis la nuit des temps.

L’air s’infiltre naturellement dans les réseaux creusés par la micro-faune (notamment vers de terre et fourmis), ainsi que par les réseaux racinaires des plantes (notamment les «mauvaises herbes»).
Le problème, c’est que nous avons pris l’habitude d’arracher les mauvaises herbes et leurs racines, et de retourner et travailler le sol. Cela mélange les différentes strates de la terre, perturbe la vie et la reproduction des êtres vivants, et de fait, appauvri les sols.

Les galeries étant perturbées, l’air pénètre moins bien les couches plus profondes, et empêche aussi l’eau de ruisseler correctement jusque dans les profondeurs ce qui provoque l’érosion des sols, et une multiplication des inondations et des glissements de terrain. Le végétal n’étant pas là pour boire, ni la terre capable de laisser passer l’eau par un réseau de galerie dense, l’eau stagne de la même manière que sur du goudron, étanche.

Notre conseil ? Supprimez ou limitez un maximum le travail de la terre. Sinon, choisissez des outils qui limitent le mélange des différentes couches de terre, comme une grelinette ! Cela permettra de garder intacte le réseau de galeries souterraines, de laisser prospérer la biodiversité, et facilitera le ruissellement de l’eau et la pénétration de l’air.

Passons à la «nourriture» : comme nous, le sol a besoin d’être régulièrement nourri, de manière diverse et saine. Nous avons malheureusement pris l’habitude d’enlever les feuilles mortes de notre sol en automne. Ainsi que l’herbe coupée ou les mauvaises herbes arrachées. Pourtant, toute cette matière gaspillée, les sols en ont besoin pour perdurer et créer l’abondance. Ce que la terre donne, elle doit pouvoir en récupérer en partie. D’autant plus que cette matière organique est souvent envoyée à l’incinération. C’est le gaspillage immense d’une matière abondante et indispensable à la fertilité des sols.

Paillage de feuilles et déchets organiques pour assurer un sol fertile

Nos astuces pour avoir un sol fertile toute l’année

1. Soyez feignant !

La nature tend toute seule vers l’auto-fertilité. Ce phénomène est assuré par la chute et la dégradation de sa propre matière organique. La digestion de cette matière par les micro-organismes, champignons, microbes assure la fertilité du sol. En hiver, laissez donc les feuilles recouvrir votre jardin. Au printemps, laissez l’herbe coupée sur le sol.

2. Faites de votre sol une véritable auberge pour la biodiversité

Couvrez votre sol avec de la matière organique, sur 10 à 20 cm d’épaisseur. Feuilles mortes, herbe séchée, morceaux de carton, paille, foin, écorce… utilisez ce que vous avez à portée de main. Cela permet de limiter la prolifération des mauvaises herbes, stabilise le taux d’humidité, protège la terre des températures trop extrêmes, permet d’abriter et de nourrir la biodiversité, stabilise le taux d’humidité et évidemment, améliore la fertilité des sols !

3. Envisagez le compostage de surface

Répartissez vos déchets organiques de cuisine (pelures, trognons, restes…) directement «sur» ou «sous» votre paillage. Ils vont tranquillement composter grâce à l’action des microbes, des champignons, des micro-organismes, et alimenter la terre en nutriments à mesure de leur dégradation. C’est un excellent moyen d’enrichir la terre sans trop d’effort.

Fleurs de sarrasin

Le petit truc en plus : pour enrichir le sol, vous pouvez aussi cultiver des «engrais verts». Le concept : cultiver des plantes qui ne sont pas destinées à la consommation, mais à être enfouis dans le sol après leur floraison. Ils apportent ainsi différents éléments nutritifs au sol et le prépare aux futures cultures. Parmi ces plantes dont les sols raffolent, vous trouverez : le sarrasin (photo ci-contre), trèfle, bourrache, lin, moutarde, lentilles, avoines…

N’hésitez pas à en parsemer votre sol régulièrement. Faites le entre 2 cultures par exemples, pour éviter à votre sol de s’appauvrir, et encore mieux, l’aggrader !

Vous vous sentez l’âme d’un vrai jardinier permacole ? Consultez nos autres articles et :

ManoMano
Auteur

Laisser un commentaire