“Moi de toute façon, je n’ai pas la main verte”. C’est souvent l’argument que l’on entend de la part de celles et ceux qui ne se sentent pas très habiles avec leurs plantes. Avoir la main verte serait donc un talent inné ? Avec des élus et d’autres recalés à jamais du cercle très fermés des jardiniers accomplis ? Rassurez-vous, le syndrome de la main verte est une vieille légende infondée. La clef de la réussite réside en une recette toute simple : des conseils techniques très concrets et surtout, beaucoup de bon sens. 

1. Se mettre en mode slow life et prendre le temps.

Mettez au placard votre impatience, la nature ne fonctionne pas exactement de la même manière qu’un paiement sans contact. Lorsqu’on jardine, on se met au rythme des saisons. Le cycle de la vie d’une plante est long, parfois très long (le lys géant d’Himalaya fleurit par exemple tous les 7 ans !), et vous n’obtiendrez pas en quelques claquements de doigts un jardin luxuriant. Cependant, ne vous découragez pas tout de suite, car en alliant les plantes annuelles dont le cycle de vie peut se jouer sur 2 saisons, et les plantes vivaces qui perdureront d’année en année, vous pourrez déjà obtenir de jolies compositions en quelques mois. 

2. Augmenter ses facultés d’observation.

En permaculture, on dit souvent qu’il faudrait dans l’idéal, pouvoir observer pendant 1 an son terrain, avant d’y planter quoi que ce soit, afin de bien comprendre comment l’écosystème évolue au fil des saisons. Vous n’avez sans doute pas ce temps, mais repérer l’exposition de votre jardin, les courants d’air, quelles sont les plantes qui poussent spontanément… seront déjà tout un tas d’indices qui pourront vous aider à sélectionner les plantes adaptées. 

Observer c’est aussi aiguiser son regard et prendre du plaisir à s’attarder sur les détails. N’hésitez pas à regarder régulièrement en dessous des feuilles, pour déceler d’éventuels ravageurs qui se seraient sournoisement installés.

Vos plantes, squat idéal pour cochenille ! Découvrez comment vous en débarasser. 

3. Planter ni trop tôt, ni trop tard.

Les plantes n’ont pas exactement le même rythme. Si vous semez trop tôt dans la saison, certaines jeunes pousses pourraient par exemple souffrir du gel et ne jamais voir le jour.  À contrario, une graine de tomates semée en août en France métropolitaine, a peu de chance de donner des tomates d’ici la fin d’année. N’oubliez jamais de vous référer aux indications sur les paquets de graines, il y a toujours une période conseillée. Quant aux plants plus matures, c’est la même histoire, n’hésitez pas à demander au vendeur quel est le moment opportun pour planter en terre ou rempoter. 

La période de semis et de plantation est toujours indiquée sur les sachets de graines.

4. Choisir le bon emplacement

À l’exception peut-être des endives et des champignons, la plupart des plantes ont besoin de lumière pour fabriquer leur photosynthèse et donc pousser. En intérieur, vos plantes en pots se plairont généralement mieux dans une pièce lumineuse, sans pour autant avoir une lumière directe sur leur feuillage, qui risquerait de griller sous les rayons du soleil. D’autres pourront un peu mieux supporter les expositions plein nord, comme la famille des fougères. N’oubliez jamais que chaque plante a ses particularités et ses propres besoins. La plupart n’aime toutefois pas être déplacé trop souvent. Faites des tests et jaugez si votre plante a meilleure mine après quelques semaines. 

 

5. Choisir le bon substrat.

Chaque n’exigera pas non plus la même qualité de sol. Le rosier se plaît dans des terres argileuses mais bien drainées, tandis que le thym s’épanouit très bien dans des sols pauvres et caillouteux. Là encore, l’idéal est de choisir un substrat adapté. Les plantes s’alimentent en puisant les minéraux dans la terre, cette dernière va donc s’appauvrir au fur et à mesure, et encore plus rapidement si la plante est en pot. Il faudra donc penser à amender votre terre de temps à autre avec des engrais naturels. Votre cuisine regorge de déchets organiques qui peuvent très bien faire l’affaire : le marc de café, les peaux de bananes, le thé, le jus de lombricompost… Attention, point trop n’en faut ! Un excès d’engrais pourrait brûler les racines de votre plante. 

6. Arroser sans excès.

Le saviez-vous ? Le mauvais arrosage fait partie des causes majeures de mort prématurée de nos chers végétaux. Retenez bien une information cruciale : il sera toujours plus facile de rattraper un manque d’eau plutôt qu’un excès ! Alors ne soyez pas trop bon élève, un arrosage trop copieux pourrait en effet provoquer l’asphyxie des racines. Pour la plupart des plantes, laissez sécher la surface du substrat entre deux arrosages, et enfoncez régulièrement votre doigt de quelques centimètres pour vérifier l’humidité en profondeur. En revanche, certaines plantes aiment avoir un terreau qui reste “frais”, il faudra alors arroser plus régulièrement. 

Ne laissez pas trop longtemps de l’eau stagnante dans vos soucoupes, c’est ce qui provoque la noyade des racines. Enfin, l’idéal est d’arroser avec l’eau la moins calcaire possible et à température ambiante. C’est le moment d’installer un bac de récupération d’eau de pluie dans votre jardin !

7. Réussir ses associations pour avoir la main verte.

L’association de plantes peut leur assurer une belle abondance. Mais attention, certaines sont moins copines, et pourraient se nuire entre elles…. Dans une composition de plantes, la plus vigoureuse peut prendre le dessus, tandis que les autres meurent étouffées, c’est le cas de la menthe par exemple, qu’il faut préférer cultiver dans un pot séparément. Cependant l’entraide entre les végétaux existe aussi, et leur assure même une plus grande prospérité. Les aromates ont par exemple tendance à éloigner les insectes ravageurs grâce à leur parfum prononcé. Leurs fleurs mellifères attireront par ailleurs les insectes pollinisateurs.

Quelques idées de compositions potagères à installer : 

  • Concombre – laitue- fraisier
  • Épinard – fève
  • Tomate- persil ou tomate – basilic
  • Haricot grimpant – maïs – courge
  • Carotte – ciboulette

8. Entretenir un minimum.

Afin d’assurer un épanouissement optimal de la plante, pensez à l’entretenir de temps en temps. En commençant par tailler les tiges ou feuilles mortes pour ne pas la fatiguer.

Vous pouvez aussi pailler le sol à l’aide de paille, feuilles mortes, broyat de bois ou morceaux de carton, pour le protéger et lui assurer ainsi une bonne humidité en été, et une bonne isolation du froid en hiver.

Pour les plantes d’intérieur, pensez à épousseter les feuilles qui ont tendance à rapidement prendre la poussière. C’est ce qui les met en difficulté pour fabriquer leur photosynthèse. Pour les plantes tropicales qui aiment les ambiances humides, vous pouvez les “doucher” de temps en temps, c’est-à-dire les placer dans votre salle de bain et leur faire profiter d’une véritable douche (ni trop froide ni trop chaude) pour leur offrir un arrosage intégral. Laissez bien l’eau s’égoutter avant de les replacer. Enfin, n’hésitez pas à aérer vos pièces. De l’air frais, c’est aussi bon pour vous que pour vos plantes !

9. Ne pas prendre la plante pour un objet déco.

Quand on se décide à acheter une plante pour agrémenter son lieu de vie, on ne se lance pas dans n’importe quel shopping déco. Malheureusement, le coup de cœur esthétique n’est pas suffisant, au risque de voir vos plantes dépérir très rapidement si elles ne sont pas adaptées à votre espace. N’oubliez pas que les plantes ne sont pas des objets, et qu’elles éprouvent une forme de sensibilité. Certains chercheurs ont même prouvé qu’elles réagissent à certaines ondes musicales ! Alors, leur susurrer des mots doux de temps en temps ne pourra pas leur faire de mal. 

10. Avoir la main verte, c’est aussi accepter les échecs.

Enfin, cela fait partie du jeu, certaines plantes ne survivront pas, malgré tous vos soins apportés, et ce n’est pas bien grave. Ne culpabilisez pas, et acceptez que vous ne pouvez pas tout contrôler. Cela n’enlève rien vos capacités à acquérir la main verte. Certaines plantes arrivent chez vous avec des maladies déjà présentes dans la terre, d’autres seront trop sensibles aux changements de températures… il y a tant de paramètres qui rentrent en compte. Ne vous limitez pas au premier échec et persévérez en vous aidant de différents supports comme les livres, magazines spécialisés, vidéos tuto, ateliers pratiques… et n’hésitez pas à partager vos explorations et questionnements avec d’autres jardiniers sur des groupes de discussions et autres forums également ! 

En définitive, le secret pour acquérir la main verte réside en peu de choses : du bon sens et beaucoup d’attention. Ce n’est donc pas un don du ciel, mais bien une forme de sensibilité au vivant et une grande envie d’apprendre. Alors on enfile ses gants de jardinage et c’est parti !

ManoMano
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