Si les Français sont nombreux à fantasmer l’idée de vivre à la campagne, la majorité d’entre eux habitent pourtant en ville. D’ici 2050, le monde comptera plus de 6 milliards de citadins ! Alors pour les accueillir dans les meilleures conditions, la ville va devoir opérer de profondes mutations, à commencer par plus de végétal et de lien social. Et si on s’imaginait dès à présent dans une ville plus verte ?

Créer un jardin partagé

Vous commencez à trouver votre balcon un peu trop à l’étroit pour toutes les expériences de jardinage dans lesquelles vous vous êtes lancé ? Et si vous passiez à l’échelle supérieure et collective pour une ville plus verte ? À vous les jardins partagés ! Véritable projet citoyen, ces jardins sont devenus des lieux de rencontres où mettre les mains dans la terre, un terreau social et local bien ancré au cœur des enjeux de la ville. 

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Introduire le bio à la cantine pour une ville plus verte

Si manger bio chez soi devient de plus en plus accessible, les cantines d’école et d’entreprises sont un petit peu à la traîne sur ce point. Que vous soyez parent d’élèves ou salarié, il vous est possible d’impulser le changement.

Mieux vaut d’abord identifier quel sera votre meilleur interlocuteur en fonction du type d’établissement. À titre d’exemple, les écoles maternelles et élémentaires dépendent de la commune. L’argumentaire sera donc pointé vers le maire et le directeur des caisses des écoles. Dans les collèges, la restauration est généralement prise en charge par l’établissement, financée avec le conseil général, et pour les lycées, avec le conseil régional.

À partir de là, la communication est le maître mot : rencontrez les élus, enseignants, parents d’élèves… faites porter votre voix collectivement. N’hésitez pas à discuter avec les responsables de la restauration scolaire, et même le cuisinier pour comprendre les enjeux, leurs contraintes, ainsi que pour les inclure dans la démarche. Vous pourriez ensuite prendre RDV avec des agriculteurs bio pour les mettre en lien avec les gestionnaires de la cantine par exemple. 

Le bio, un truc de bobo ? 

Si des familles peuvent être réticentes à l’idée de payer plus cher les repas, il est temps de sortir l’argument secret : en réduisant la viande, et en achetant des produits de saison tout simplement, on fait non seulement des économies, mais on propose aussi des repas tout à fait équilibrés et même meilleurs pour la santé de tous les enfants.

Mutualiser et partager

La boîte de partage est une véritable boîte installée sur la voie publique ou dans un lieu privé, pour échanger librement et gratuitement des objets, des services, et des bons plans. Chouette initiative, non ? Ces boîtes offrent alors une respiration dans la ville, en fonctionnant comme une « zone de gratuité », qui permet à chacun de donner ce qu’il veut, et de repartir avec ce qu’il veut, y compris sans rien du tout. Pensées à l’échelle micro-locale, c’est-à-dire dans la cour d’un immeuble, devant une école ou un parc, ces boîtes ont plusieurs vertus :

  • Écologiques : elles promeuvent un système économique limitant le gaspillage et la production de déchets, en favorisant le réemploi.
  • Solidaires : que l’on soit multimillionnaire ou au RSA, ces boîtes sont accessibles à tous.
  • Conviviales : il n’y a pas de critères particuliers pour construire sa boîte. Laissez libre cours à votre imagination. Fabriquez-la à partir de petites armoires de récup’, un ancien frigo, vernies, colorées, à paillettes…
  • Créatrices de lien social : ces boîtes nous interrogent sur la société de consommation et sur ce que l’on a réellement besoin de posséder. Elles recréent le dialogue entre les habitants du coin.

Conseils : De simples boîtes posées dans la rue ont des chances d’être dégradées. N’hésitez pas à lancer l’initiative de manière collective, avec les associations de quartier, les commerçants, l’école… pour que chaque personne associée à l’idée puisse se l’approprier et la faire perdurer. N’oubliez pas non plus la signalétique pour expliquer la démarche.

Installer un composteur collectif

D’ici 2023, la réglementation européenne devrait rendre obligatoire la gestion séparée des biodéchets. Alors autant prendre des bonnes habitudes tout de suite ! Au-delà des bienfaits sur l’environnement, le compostage collectif peut créer une économie pérenne et porteuse de sens pour chaque territoire. La gestion des composteurs peut permettre de créer des emplois, la revente de compost peut devenir une source de revenus, basée sur l’économie circulaire et écologique… en bref, que des avantages et zéro excuses pour ne pas s’y mettre !

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Autre option : le poulailler collectif ! 

La poule est une véritable machine de guerre concernant les déchets organiques : elle pourrait en engloutir jusqu’à 150 kilos par an ! Les promoteurs immobiliers et les bailleurs sociaux se montrent d’ailleurs de plus en plus intéressés à l’intégration de poulaillers collectifs dans leurs projets. En termes de lien social et de gestion des déchets, c’est une démarche ultra positive !

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Débétonniser

Il suffit de peu de chose pour que le monde végétal s’impose face aux infrastructures construites par l’homme. On appelle d’ailleurs « invasives », ces plantes dotées d’incroyables capacités d’adaptation, qui peuvent modifier leur anatomie pour s’immiscer dans n’importe quels interstices. Qu’on le veuille ou non, Il faut adapter la ville à la nature plutôt que d’adapter la nature à la ville. De nouvelles initiatives voient donc le jour pour protéger ces sols de leur artificialisation, et lutter contre la perte de biodiversité. 

Certaines communes décident par exemple de faire des tontes moins régulières et moins hautes dans parcs et jardins pour protéger la faune. Par ailleurs des pratiques sans produits phytosanitaires, avec une consommation moindre d’eau (en utilisant la technique permacole du paillage par exemple), et la plantation de végétaux endémiques, adaptés à l’écosystème local, agissent non seulement sur l’équilibre des écosystèmes, mais aussi sur le porte monnaie du contribuable !

De plus en plus d’écoles se lancent aussi dans la création d’îlot de fraîcheur dans leurs cours en construisant des bacs potagers, mais également en débétonisant une partie des espaces. Au-delà de l’aspect écologique, ce sont de véritables outils pédagogiques qui sont créés. 

Alors prêts à vous relever les manches et rendre votre ville plus verte ? 

ManoMano
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