Déchets, déchets, toujours plus de déchets… Les centres de traitement arrivent à saturation, alors que 30 % de nos déchets sont organiques, et donc facilement recyclables pour nourrir nos sols, et faire pousser toujours plus de plantes. La bonne nouvelle est que les composteurs ne sont pas réservés uniquement aux gens pourvus de jardin. Ils auraient tout aussi bien leur place au pied d’un immeuble ou dans notre cuisine pour participer à la réduction des déchets. Prêt à devenir un as du compost ? On vous donne les meilleures raisons pour vous mettre à composter vos déchets. 

échantillon de compost
Le compost, l’ « or noir » des jardiniers.

Composter, c’est dire (presque) au revoir aux corvées poubelles.

18 millions de tonnes… c’est la quantité de biodéchets (les matières organiques telles que les épluchures, restes…) produits par les ménages chaque année. Difficile de vous faire une idée ? Cela représente environ 30% du volume de votre poubelle, rien que ça ! Alors en matière de prévention des déchets, outre la sélection en amont de produits avec le moins d’emballage possible, le compostage reste assurément LE geste qui allégera très concrètement et rapidement vos poubelles.

C’est obtenir gratuitement une matière incroyable pour ses plantes.

Le tout, sans lever le petit doigt, puisqu’on laisse les micro-organismes et autres vers de terre faire le travail à notre place ! Le compost est en fait un engrais 100% naturel. Une manière obtenue grâce à la décomposition de ces matières organiques, extrêmement nutritive pour enrichir la terre. Dans la nature, et particulièrement en forêt, le recyclage de toutes ces matières organiques (feuilles mortes, animaux…) produit l’humus dont se nourrissent les plantes. C’est un processus long, mais très précieux !

Lombricomposteur fait main pour composter les déchets
Exemple de lombricomposteur en bois auto-construit.

Recycler ses déchets pour jardiner est donc aujourd’hui monnaie courante. Vous n’avez pas de jardin où déposer votre compost ? Vous pouvez aussi valoriser vos matières organiques grâce aux lombricomposteurs : la version « citadine hors-sol » des composteurs. Il s’agit d’un système de plusieurs petits bacs empilables et percés, dans lesquels on vient déposer des micro-organismes et vers de terre pour recréer les mêmes conditions que dans un composteur posé directement sur la terre.

D’ici quelques mois, les épluchures de légumes se seront transformées en une matières noire très riche, que l’on peut rajouter dans ses pots pour assurer un meilleur épanouissement à nos plantes préférées. Le tout, gratuitement et sans produits chimiques !

Composter, c’est participer collectivement à un projet d’intérêt général et recréer du lien social.

Quel plaisir de rencontrer ses voisins ou collègues au détour de quelques épluchures de carottes ! Plus sérieusement, les composts collectifs peuvent recréer un véritable lien coopératif entre citoyens. C’est aussi un très bon outil pédagogique pour les enfants, afin de les responsabiliser sur les enjeux environnementaux, et leur donner un vrai rôle dans la vie collective.

C’est également contribuer positivement à l’évolution de notre société par une gestion responsable des ressources naturelles. Tout le monde est concerné et peut participer (particuliers, entreprises, collectivités…).

À découvrir également : Comment produire son compost.

Prêt à devenir un as du compost collectif ? Suivez le petit guide.

Étape 1 : Renseignez-vous auprès de la mairie.

Nombreuses municipalités proposent de mettre à disposition des composteurs ou lombricomposteurs et d’accompagner les citoyens qui souhaiteraient se lancer. En toute gratuité !

Étape 2 : Constituez un groupe de motivés.

Plus on est de fous, plus on rit… et plus on aura du poids dans la décision finale. N’hésitez donc pas à distribuer des tracts explicatifs, et à faire le tour des habitants de votre immeuble ou de votre entreprise pour constituer un groupe de volontaires prêts à se lancer avec vous.

Étape 3 : Définissez le spot parfait.

Soyez stratège dans le choix de l’emplacement du composteur : il doit être suffisamment proche du lieu de vie, dans un endroit discret, abrité du vent et plutôt à la mi-ombre. Réfléchissez à son accessibilité également : doit-il être en libre service ou seulement pour les personnes qui ont été formées à l’art du compostage ? Car certaines règles sont à connaître pour maintenir un compost sain.

Étape 4 : Apprenez les règles de base :

  • Pas de viande, poisson, produits laitiers ni céréales… pour éviter la présence indélicate de mauvaises odeurs et de nos amis les rats.
  • Coupez en morceaux les fruits et légumes à la peau épaisse (exemple : l’ananas) pour faciliter la décomposition.
  • N’oubliez pas de rajouter des feuilles mortes, cartons et morceaux de brindilles pour équilibrer avec les matières humides.
  • Organisez une fois par an un apéro pour célébrer l’initiative et redistribuer le compost aux participants pour verdir leur balcon !
Composteur en bois à la cité fertile à Pantin
Compost collectif à la Cité Fertile (93).

Composter, c’est penser aux générations futures, et se mettre à la page.

D’ici 2023, la réglementation européenne devrait rendre obligatoire la gestion séparée des biodéchets. Alors autant prendre de bonnes habitudes tout de suite ! Au delà des bienfaits sur l’environnement, composter peut créer une économie pérenne et porteuse de sens sur chaque territoire. La gestion des composteurs peut permettre de créer des emplois, la revente de compost peut devenir une source de revenus, basée sur l’économie circulaire et écologique… en bref, que des avantages et zéro excuses pour ne pas s’y mettre !

Composteur collectif ou lombricomposteur d’appartement, lequel choisirez-vous ? 

ManoMano
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