Vous pensiez vous en être sorti avec le jardinage, parce que, ça y est, il fait officiellement froid, et qu’on est mieux sous une couette à regarder des séries ? Certes, l’automne est une période où tout le monde -y compris les plantes- commencent à fonctionner au ralenti. Pourtant c’est aussi le moment idéal où l’on peut mettre en place des gestes simples pour aider la faune et la flore à surmonter cette saison. Alors on enfile sa doudoune, et on passe à l’action pour soutenir notre chère biodiversité !

Privilégier les plantes locales

Planter des espèces adaptées au climat est une action à la fois écologique et pleine de bon sens. En effet, les plantes locales nécessitent moins d’entretien et sont plus accueillantes pour la faune indigène. En manque d’inspiration pour votre choix de plantes ? Ne courez pas dans la première grande enseigne de jardinage. Elle vous proposera sans doute des variétés venues de bien loin, et qui risquent de ne pas apprécier les premiers coups de froid. Privilégiez plutôt les petites pépinières locales, et pourquoi pas une exploration des parcs et jardins aux alentours pour observer les plantes présentes, qui résistent déjà bien. Pas besoin d’être un.e expert.e botaniste pour les reconnaître, Des applications de reconnaissance végétale font très bien le job telles que PlantNet ou Groww par exemple. À recouper toutefois avec des livres sur le sujet, pour être sûr.e de l’information.

Le lierre, une plante très résistante.

Protéger le sol

Vous vous mettez une petite couverture pour protéger vos petons durant les longues soirées automnales ? Faites donc de même avec le sol de vos jardinières ! Remplacez juste cette couverture de laine par un tapis de fibres végétales, comme des feuilles mortes ramassées dans un parc, de la paille, de la tonte de gazon, ou même du carton… Ce paillage joue le rôle de manteau protecteur : il réduit les risques de gel, enrichit le sol et constitue un abri qualité pour les insectes. C’est une méthode largement utilisée dans la permaculture, et très facile à mettre en place tout au long de l’année. 

Faut-il nourrir les oiseaux ?

Si nourrir les oiseaux peut être tentant et naît souvent d’un bon sentiment, cette pratique s’avère néfaste pour leur santé et leur comportement. De plus en plus de mairies et départements mettent d’ailleurs en place des règlements pour interdire de jeter du pain aux oiseaux. En effet, le pain ne contient aucun des éléments essentiels dont les oiseaux ont besoin. Il peut leur provoquer de graves problèmes intestinaux et amènent des malformations des ailes qui empêchent l’animal de voler.

En revanche, la LPO conseille de mettre de la nourriture à disposition durant les épisodes de froid marqués avec de la neige du gel prolongé, rendant inaccessible les aliments naturels. Dès lors, on peut leur choisir des graines adaptées et non traitées : tournesol noir, blé, orge, millet, cacahuètes, maïs, amandes ou noisettes concassés, avoine, chanvre… Attention à bien les choisir non salées ! Les graisses animales ou végétales, comme le lard non salé, la margarine ou le suif, peuvent compléter tout ça, ainsi qu’un petit abreuvoir. 

Un autre point important est celui de la dépendance à l’être humain. Si l’on nourrit des oiseaux sauvages, on les empêche de rechercher une alimentation par eux-mêmes. Les impacts biologiques peuvent être désastreux, notamment chez les oiseaux migrateurs, qui perdent leur instinct de migration lorsque la nourriture est disponible toute l’année. Ils deviennent alors totalement dépendants de cette alimentation artificielle et peuvent se trouver dans une situation mortelle lors des grands froids. En bref, si vous aimez les oiseaux, ne les nourrissez pas. En revanche, vous lancer dans la construction d’un petit nichoir sera tout à fait bénéfique pour bon nombre d’espèces. Et notamment en ville, là où il est de plus en plus difficile pour eux de trouver des petites cavités où nicher. Alors à vos outils !

Loger les insectes

Eux non plus ne rechigneront pas devant des abris un peu plus au chaud : fagot de tiges creuses comme le bambou, bûche percée, tas de ronces, de feuilles ou de paille peuvent constituer des abris de choix pour les insectes. Et notamment pour nos chers auxiliaires, tels que les abeilles solitaires, coccinelles, bourdons, perce-oreilles, papillons, chrysopes… Dans certains cas, être paresseux au jardin peut-être tout à fait productif !

Bruyères

Vive les plantes mellifères !

Enfin, une dernière chose qui peut constituer une très belle source de nourriture pour les insectes pollinisateurs : les plantes qui fleurissent en hiver. Malgré les idées reçues, il en existe de nombreuses : Le laurier-tin, le lierre grimpant ou le mahonia, par exemple. Les chrysanthèmes, la bruyère, l’hellébore, les primevères, la violette odorante, le perce-neige ou les violines marchent très bien aussi. De quoi raviver nos mornes balcons qui avaient tout comme nous, besoin d’un peu de couleurs et de vie !

Et vous, que comptez-vous faire pour donner un petit coup de main à la biodiversité ?

 

ManoMano
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