Vous commencez à trouver votre balcon un peu trop à l’étroit pour toutes les expériences de jardinage dans lesquelles vous vous êtes lancés… Et si vous passiez à l’échelle supérieure et collective ? Bienvenue dans les jardins partagés ! Véritable projet citoyen, ces jardins sont devenus des lieux de rencontres où mettre les mains dans la terre, un terreau social et local bien ancré au cœur des enjeux de la ville. Suivez le guide pour optimiser vos chances de réussite dans cette joyeuse initiative.

Un jardin partagé, comme son nom l’indique, est un jardin conçu, construit et cultivé collectivement par les habitants d’un quartier. L’idée derrière tout ça est de développer des lieux communs où l’on peut produire sa propre nourriture, mais aussi recréer des liens sociaux et solidaires. Mais comment s’y prendre quand on démarre de zéro ? 

Jardin partagé : repérer le bon spot

ll va falloir que vous trouviez un terrain suffisamment grand, sans occupant ni chantiers en cours… Ouvrez l’œil : les espaces verts situés au pied de votre immeuble peuvent être une bonne option par exemple. Ces mornes pelouses uniformes méritent plus de biodiversité non ?

Utilisez les préceptes de la permaculture et prenez le temps d’observer l’exposition de votre terrain, la qualité de son sol… Si des herbes hautes ou plantes comestibles sont déjà présentes, alors c’est plutôt bon signe. D’autres choses pourront facilement y pousser ! Armez-vous de patience, les premiers travaux de défrichage sont assez laborieux, la terre y est souvent très compacte, et jonchée de déchets. C’est là que la magie du collectif opère.

N’hésitez pas à proposer des chantiers participatifs en déposant des annonces chez les commerçants et écoles du coin. Le bon moyen de rencontrer des habitants motivés à jardiner avec vous dans le futur. Si vous êtes entourés de béton, ne vous avouez pas vaincu tout de suite. Il s’agira juste d’envisager de construire des bacs et apporter de la terre saine (bon nombres de sociétés proposent des livraisons de compost, terre végétale et terreaux en vrac ou big bag d’1m3). 

En ville, il faut souvent rapporter de la terre « saine » là on l’on souhaite cultiver des plantes comestibles.

Plonger dans l’administratif.

Ce n’est pas la partie la plus passionnante du projet, mais les démarches administratives pour officialiser le jardin seront indispensables. Menez votre enquête pour savoir à qui appartient le terrain : à la mairie ? un bailleur ? une structure comme la SNCF ? La collectivité ou même vos voisins sauront vous donner l’information. À vous maintenant de les contacter pour leur présenter votre projet.

Bonne nouvelle : certaines collectivités s’engagent à aménager des jardins partagés et prennent en charge les gros travaux (apport de terre, branchement au réseau d’eau…). S’il existe déjà un certain nombre de jardins partagés à l’endroit où vous vivez, c’est un signe que la collectivité est encline à soutenir ce genre d’initiative.

Fixer les règles du jeu.

Il va falloir aussi respecter certaines règles, fixées en concertation avec le propriétaire. L’interdiction d’allumer des feux (au revoir les bbq, on est ici pour les légumes !) et les horaires d’ouverture sont des points fréquemment discutés et signés sur un règlement intérieur. Si vous vous êtes constitués en association – ce qui est vivement recommandé pour garder votre indépendance vis-à-vis du propriétaire et prétendre, pourquoi pas, à des subventions –, vous allez sûrement devoir signer aussi une convention de mise à disposition du terrain, qui atteste votre droit d’occuper ce lieu.

L’arrosage est l’une des missions à bien planifier pour éviter les oublis ou doublons.

Jardin partagé : constituer son collectif.

Pour créer un jardin partagé, il suffit de trouver une dizaine ou une quinzaine de personnes motivées et prêtes à s’investir régulièrement. Pour recruter votre équipe, privilégiez le bouche-à-oreille, les fêtes de quartier, les affiches collées dans les lieux publics et chez vos commerçants préférés, sans oublier les réseaux sociaux bien sûr. La joie du jardin partagé, c’est aussi de rencontrer des personnes de tout âge et toute classe sociale, qui sauront rassembler leurs forces et savoir-faire.

Des associations peuvent vous accompagner dans la gestion de votre projet. Il s’agira ensuite de décider en commun d’un type de gouvernance. Qu’elle soit horizontale ou pyramidale… Chacun devra trouver sa place dans le collectif, et le mode de fonctionnement devra être discuté. C’est aussi ça, le jardinage collectif, recréer une mini-société où l’on fait un peu de politique ! Un animateur de jardin peut aussi jouer le rôle de médiateur lorsque des tensions surviennent, n’hésitez pas à faire appel aux associations formées à ce type de projet. 

Jardiner, enfin !

La clé pour que tout se passe au mieux tient en un mot : l’organisation. Imaginez ce projet comme une grosse colocation. Affichez des plannings d’arrosage, par exemple. Il s’avèrera indispensable, surtout avant les grandes vacances et leur lot de départs. Vous pouvez aussi afficher un plan du jardin avec toutes les parcelles et désigner des jardiniers responsables, qui sauront transmettre des conseils de jardinage respectueux du vivant, et sensibiliser ainsi au non-usage des pesticides par exemple.

N’hésitez pas à signaliser votre terrain, via de petites pancartes informatives pour partager les informations utiles liées à l’entretien des plantes, pour vous assurer les plus belles récoltes. Avec humour et bienveillance, les messages seront d’autant plus efficaces !

À vous les belles récoltes à partager autour d’un bon repas entre jardiniers.

Enfin, n’oubliez évidemment pas les bacs de compost pour valoriser les déchets organiques, voir même un petit poulailler (particulièrement apprécié par les enfants, découvrez comment le construire soi-même), et puis de faire la fête de temps en temps pour s’ouvrir aux curieux du quartier, aux écoles, et qui sait, compter peut-être sur de nouvelles recrues pour jardiner !

Alors, prêts à vous lancer dans l’aventure des jardins partagés ?

ManoMano
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