La permaculture, c’est la culture de la permanence. Celle qui aide à créer des milieux les plus autonomes et résilients possible, en respectant le vivant. Impossible à appliquer sur son balcon ? Détrompez-vous, bon nombre de principes permaculturels peuvent être appliqués à des micro-surfaces, et vous assurer ainsi une très belle communion avec la nature. En avant les bons plan(t)s pour débuter sur ses 2 mètres carrés !

Prendre le temps d’observer en permaculture. 

Dans un monde idéal, le vrai permaculteur est supposé observer son terrain pendant 1 an avant de démarrer son projet. Un an, c’est long… Quelques heures devraient faire l’affaire pour votre balcon. L’idée est de repérer les zones d’ombre et d’ensoleillement selon la journée et la saison, le vent, les zones abritées ou non… Différents écosystèmes peuvent se côtoyer, même sur quelques mètres carrés. Les identifier vous aidera à choisir les bonnes plantes, et les bons endroits où les mettre. Du temps et de l’investissement gagnés au final.

La permaculture, c’est aussi valoriser les ressources disponibles.

Vous pensiez que vivre dans un appartement vous couperait complètement de toute forme d’autonomie ? Que nenni ! Des ressources insoupçonnées sont sous votre nez. Récupérez l’eau de pluie via des bacs de récupération ou vos eaux de cuisson remplie de minéraux pour arroser par exemple, utilisez la matière organique de votre lombricomposteur en guise d’engrais, récoltez des graines locales dans les parcs en fin de saison ou à partir de vos légumes issus de variétés anciennes, ramassez les feuilles mortes avant les employés de mairie au moment de l’automne pour en faire du paillage, faites des découvertes incroyables dans les poubelles pour y trouver des plantes, des pots, bacs et autres matériels… en somme, ouvrez les yeux, la ville regorge de trésors complètement gratuits pour votre îlot de verdure !

À découvrir : Comment jardiner sur son balcon.

Cultures serrées et paillage aideront à conserver l’humidité du sol.

Optimiser son espace avec les associations et rotations de cultures.

N’hésitez pas à diversifier la flore de votre balcon, cela vous permettra d’optimiser l’espace, et permettra aux plantes de se rendre des services entre elles. Certaines associations permettent en effet de limiter les parasites et maladies. La carotte, par exemple, éloignera la mouche de l’oignon, et l’oignon éloignera la mouche de la carotte. Une belle histoire d’amitié, non ? 

Quelques idées d’associations judicieuses : 

  • Maïs – haricot – courge
  • Pois à rame – carotte – radis
  • Tomate – basilic ou persil
  • Fraises – capucine
  • Laitue – radis
  • Fèves – blettes
  • Chou – laitue – betterave

Sur un balcon, il faut penser vertical. Ne raisonnez pas seulement en termes de surface au sol. Un mur peut accueillir des cultures étagères, des lianes grimpantes, des arbres fruitiers palissés… Les plus grandes pousses feront de l’ombre aux petites, très pratique pour limiter l’arrosage en été.

Il existe aujourd’hui bon nombre d’ouvrages et de calendriers vous détaillant les bonnes associations de cultures sur petites surfaces. 

N’hésitez pas non plus à planter des plantes mellifères telles que les capucines, bourraches, cosmos, thym, sauge fleur, nigelle, coriandre… pour attirer les pollinisateurs en manque de précieux nectar et prêt à polliniser vos cultures pour obtenir de belles récoltes.  

Vous pouvez aussi créer des haies “brise-vent”, pour créer un îlot bien protégé avec du jasmin à feuillage persistant, un cerisier nain, ou du saule à osier par exemple.

La bourrache est la plante mellifère par excellence.

Protéger la biodiversité.

Protéger la biodiversité, ce n’est pas que pour faire joli, c’est aussi participer à la survie de notre espèce en maintenant l’équilibre des écosystèmes. Alors n’hésitez pas à créer des espaces avec de l’eau pour que les insectes et oiseaux puissent s’abreuver, des habitats pour qu’ils puissent y loger (nichoir, hôtel à insectes…), plantez des plantes variées pour les nourrir, n’utilisez pas de pesticides, lâchez la grappe aux « mauvaises herbes », diversifiez les mois de floraison et de production… bref, laissez votre balcon devenir une jungle incontrôlable. Sans oublier toutefois d’entretenir ce jardin régulièrement afin que le voisin d’en-dessous n’ait pas de mauvaise surprise !

À découvrir : Des idées pour favoriser la biodiversité dans le jardin

Accepter de se planter en permaculture.

Enfin, la permaculture, c’est aussi accepter les ratés, les mauvais calculs, les conditions défavorables, les oublis d’arrosage… Pas d’auto-flagellation, chacune de ces expériences vous servira pour la suite, vous permettra de progresser, et de vous rendre compte que vous faites partie intégrante d’une nature bien plus grande que vous.

À vous les belles récoltes !

En somme, la permaculture est une manière de voir le monde, au-delà des techniques de jardinage. Elles peuvent donc s’appliquer à tout type de milieux. Et votre balcon n’attend que ça !

Pour aller plus loin : 

  • Permaculture : nourrir la terre, nourrir les hommes, Perrine et Charles Hervé-Gruyer, Actes Sud, 2015.
  • La Révolution d’un seul brin de paille : une introduction à l’agriculture sauvage, Masanobu Fukuoka, Guy Trédaniel, 2016.
  • Mon balcon nourricier en permaculture, Valéry Tsimba, Ulmer, 2021.
  • Introduction à la permaculture, Bill Mollison, Passerelle Éco, 2013.
ManoMano
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